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Qu’est-ce qui se répète ?

Séminaire d’Alain Badiou. Séance du lundi 2 février 2015, 20h : 
Qu’est-ce qui se répète ?



Nous avons déjà traité de deux formes majeures de la finitude, considérée ici comme le noyau de l’oppression idéologique dominante. D’abord, directement, le fini, la conviction que tout est fini, que l’infini nous est inaccessible. Ensuite, l’identité, la conviction que les animaux humains sont définis par des identités (raciales, culturelles, historiques, nationales, religieuses…) et que l’universalité nous est inaccessible. Dans les deux cas, nous avons montré que les dialectiques sous-jacentes, celle du fini et de l’infini et celle du même et de l’autre, permettent de démontrer le contraire : la pensée vraie se dégage nécessairement du fini, comme le montre l’usage fondamental du raisonnement par l’absurde, lequel ne peut conclure qu’en acceptant que son trajet puisse être infini. Et elle se dégage aussi de toute fixation identitaire, comme le montre la relation immanente du même et de l’autre, laquelle démontre qu’aucune identité ne peut parvenir à se clore sur elle-même.
Nous abordons, dans cette troisième séance, un autre fétiche de la finitude : la répétition.  Le thème biblique « rien de nouveau sous le soleil » commande religieusement une sagesse de la répétition, une vie qui ne peut chercher à surpasser l’évidence selon laquelle « Tous les fleuves se jettent dans la mer, et la mer ne se remplit pas.»  L’idéologie dominante n’a guère trouvé autre chose à dire concernant, par exemple, l’horizon politique de l’émancipation : l’agitation révolutionnaire, argue le consensus,  n’aboutit à rien qu’à revenir, après quantité de désordres et de violences, à la loi naturelle des choses : toutes les actions humaines s’ordonnent au Marché, et le Marché reste ce qui existe. Du point de vue de sa nature propre, l’avenir des collectivités humaines doit être la répétition, certes inventive, ou la transformation, mais sagement répétitive, du Même : l’ordre capitaliste, figure ultime de la modernité.
Cependant, l’idée même de répétition n’est pas simple. Il se peut même qu’on la considère comme le déguisement de la nouveauté, l’apparaître en finitude de l’infini lui-même. L’infinité des nombres naturels, par exemple, n’est-elle pas la répétition monotone d’une seule opération, l’opération « successeur », qui fait qu’à tout nombre n succède invinciblement le nombre n + 1, nous projetant ainsi dans une infinité latente qui en quelque sorte traverse et organise l’apparente finitude de tout nombre entier ? Sur un autre versant, que dire de la répétition d’une pièce de théâtre ? N’est-elle pas doublement infinie, de ce que, d’une part, elle travaille « encore une » interprétation de la pièce, et ce sans limite assignable, et que d’un autre côté, si répétée qu’elle soit, une représentation reste toujours une singularité, différente de toute autre, là encore sans clôture possible, sans qu’on puisse jamais imaginer ce que pourrait bien être, dans l’absolu, la « dernière représentation » d’une pièce ?
Il faut donc reprendre l’analyse du concept de répétition, dans le sillage de Kierkegaard et de Lacan, et en nous aidant encore une fois du théâtre : nous jouerons la scène 32 de Ahmed philosophe, scène précisément titrée : La répétition.

Le séminaire à lieu à 20h au  théâtre de la Commune, lequel se situe à Aubervilliers, 2, rue Edouard Poisson. Vous pouvez vous y rendre: Soit  par le métro : prendre la ligne 7 jusqu'à la station Aubervilliers-Pantin Quatre-Chemins.  Ensuite à pied, remonter l'avenue de la République vers Aubervilliers-centre et prendre la cinquième rue à gauche (compter 10mn). Il est  éventuellement plus rapide de prendre au métro le bus 150 ou 170 jusqu'à l'arrêt André Karman. Soit par le bus :   bus 35 de gare de l'Est à mairie d'Aubervilliers. Soit en voiture : il y a un parking en face du théâtre.
A l'issue du séminaire il y aura une navette qui desservira Porte de la Villette, Stalingrad, gare de l'Est  et Châtelet. Le bar-restaurant sera ouvert au théâtre avant et après le séminaire.

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